mercredi 21 mars 2012

Un Nassara intégré chez les hommes intègres


La représentation du Baobab Sacré
Après 12 jours plus qu’intenses de travail, la troupe Wécré Théâtre renforcée par deux Nassaras a donné en représentation « le Baobab Sacré ». Dans la cour de la troupe les chaises et les bancs étaient pleins, le public était donc au rendez-vous, les comédiens aussi!

Quel plaisir de retrouver les sensations du théâtre. Quel plaisir de jouer entre amis, devant nos voisins ! La représentation d’environ 1h30 s’est bien passée. Le public était ravi et nous aussi !

Nous n’avons pas vraiment eut le temps de fêter cet évènement car Pacos et Marie s’envolaient le soir même vers la France ! C’est donc  dans un maquis au pied de l’aéroport que nous avons trinqué à la pièce.




La salutation au Naba de Tangay
            Tapis, un des membres de Wécré m’a emmené dans son village à   l’occasion d’une cérémonie traditionnelle. Il s’agit pour les villageois de saluer leur chef de façon solennelle une fois par an. Au Burkina les « Naba » ont une autorité vraiment très importante. Personnage incontournable du village il arbitre les conflits, gère les mariages, les funérailles il est donc éminemment respectés et écoutés. Le pouvoir burkinabé l’a bien compris puisqu’il n’est pas rare que l’autorité des chefs soit utilisée pour obtenir le vote des villageois en cas d’élections.




            Nous avons donc assisté à une cérémonie impressionnante où après une séance de salutations en assemblée sont venus s’ajouter tirent de fusils, danses, chants et festivités. En tant que blanc « Nassara » j’ai eut un petit mot à dire au Naba.




            Tapis durant deux jours m’a fait découvrir son village et sa famille. Ce moment passée au village a vraiment été fort pour moi, je me retrouvais un peu à Colibantan !

A la recherche de l’or
Après  deux nuits passées au village, Tapis et moi sommes partis vers un site d’exploitation minière. Le Burkina possède un sous-sol riche en or. La majorité de ce minerai est allègrement pillé par les occidentaux au rang desquels la France tient une bonne place. Toutefois certains sites méconnu de ces entreprises ou trop peu rentables ou trop dangereux sont laissés au Burkinabé. C’est ainsi que plusieurs milliers de Burkinabé partent à la recherche de ce minerai au quatre coin du pays. Cette recherche est faite dans des conditions très dangereuses et régulièrement des « orpailleurs » perdent la vie.



Après une cinquantaine de kilomètre sur une piste poussiéreuse nous sommes arrivés au pied d’une colline, au milieu de nulle part, en pleine brousse. Là le spectacle est saisissant, une véritable fourmilière s’organise sur la colline et à ses pieds. Un véritable village de paille se crée. Le « village » se compose de deux partie, une réservée au traitement des pierres extraites de la colline, une autre destinées à la vie des orpailleurs (nourriture, bars, prostituées). Etant au milieu de la brousse il n’y a même pas d’eau, celle si est amenée dans des bidons en vélo ou en charrette depuis les villages environnant.

La recherche de l’or concrètement c’est creusé un trou de la taille d’un homme qui peut descendre de 15 à 60 m. Ce trou est creusé avec une simple pioche et une équipe d’une douzaine d’homme se relaie 24/24h pour le réaliser. Ils arrêtent de creuser seulement s’ils atteignent le minerai. Une fois le minerai atteint les orpailleurs suivent la ligne qu’il trace dans la roche, à ce moment ils créent donc des galeries souterraines.

Je suis descendu dans un trou où les hommes avaient atteint le minerai après avoir creusé 14 mètres. La descente dans le trou est le moment le plus périlleux, des trous sont percés dans la paroi de chaque coté et il faut descendre en s’en servant comme d’une échelle. Ratez un trou et vous arrivez en bas plus vite que prévu… Une fois cette cheminée parcourue vous arrivez dans un univers tout noir et extrêmement chaud, tout votre corps sue tout seul. Etonnement on ne sent pas étouffé ou oppressé. C’est sur que c’est assez perturbant d’entendre les coups de pioches donnés par les voisins de paroi !
Une fois remonté à la surface avec un morceau récolté par mes soins les gens n’en croyaient pas leurs yeux : un Nassara est descendu au fond du trou !

Voyage à Fada

            Une fois revenu du séjour passé avec Tapis je préparais une nouvelle expédition vers le village de Gayeri. Dans ce village officie l’Abbé Théophane, ce prêtre est burkinabé et a baptisé Mathilde (ma petite sœur), grand ami de mes parents cela faisait une quinzaine d’année que je ne l’avais plus vu. Cette rencontre me tenait donc très à cœur.

            Pour partir à Fada j’ai pris la décision de pédaler. Un peu pour le fun mais surtout parce que tout mes amis Burkinabé disaient cette aventure impossible. C’est donc après avoir installé un porte bagage sur mon vélo à une vitesse que je me suis élancé dès le levé du soleil (vers 6h00) jeudi 8 mars. Pédaler le matin a été vraiment agréable car il fait encore frais. Ainsi avant 9h j’étais à environ 40 kilomètres de Ouaga.
            Sur les coups de 11h30 mon vélo a crevé au beau milieu de la route, je l’ai donc poussé pendant près de 40minutes sur la route brulante avant de trouver un village et un sauveur pour ma roue arrière. Le reste de la journée c’est passée sans encombre, je m’arrêtais régulièrement 2-3 minutes et buvait beaucoup d’eau. A chaque l’accueil que l’on me réservait était formidable, les gens étaient impressionnés par mon épopée !
            Je ne me suis arrêté de pédaler qu’à la tombée de la nuit car faire la route de nuit sans lumière aurait été suicidaire. Je suis rentré dans le premier village venu pour demander si je pouvais y poser ma tente pour dormir. Evidemment l’hospitalité m’a une fois de plus était présentée sous son meilleur jour ! Invité au repas du soir, je suis partis puisé l’eau de ma douche et me suis effondré sur dans ma tente. J’avais parcouru 125 kilomètres en 12h.
            Pendant la nuit ma roue s’est encore dégonflée. 15 kilomètre plus loin elle a carrément explosée, j’ai du alors changer pneu et chambre à air. Par chance je me trouvais alors en ville.
            100 kilomètres plus tard j’atteignais Fada-N’Gourma, où je passais la nuit à la mission catholique. Les prêtres ont tout le confort : ) ! J’ai dormi dans un vrai lit, avec une vraie douche et des vraies toilettes !
            Je pensais que mon calvaire serait alors fini, c’était sans compter le transport effectué le lendemain vers Gayeri. Je ne pouvais faire le chemin en vélo car de nombreux coupeurs de routes perpétuent des agressions et vols sur cette voie. C’est donc en mini-bus que je m’y suis rendu. Je sais maintenant que l’on peut rentrer à 27 adultes dans un Renault espace… Le trajet qui n’a duré qu’1h30 a été abominable. On été entassé les uns sur les autres sans pouvoir seulement bouger !
            Vous imaginez donc le soulagement lors de mon arrivée ! Mon séjour auprès de Théophane a été de courte durée car celui-ci était convoqué à Fada. Après 3 jours à Gayeri je retournais à Ouaga en bus cette fois-ci !

Artisanat au marché
La semaine j’ai passé beaucoup de temps au grand marché avec Booba et Zalissa où je suis devenu un vrai vendeur ! Je joue à la marchande avec mes compatriotes !
En plus d’entrainer des talents de commercial je mets la main à la pâte dans la conception de leur artisanat. Zalissa et ses sœurs réalisent des nappes brodées, teintes à la peinture. J’ai passé plusieurs journées dans leur atelier.

Je profite des mes derniers jours dans la capitale ouagalaise, où tous les jours je suis bien occupé !

Tout se passe bien des bécaux

mardi 28 février 2012

Ouaga-ouaga hey hey!

            Après 9h00 de train j’arrivais donc à 5h30 du matin à Ouagadougou. A mon arrivée Marie et Mady venaient m’accueillir, nous nous sommes alors rendus dans le local de la troupe Wécré Théâtre.

Wécré théâtre

            Wécré théâtre qui signifie en moré « lumière » est une compagnie fondée en 2001 par un groupe de jeunes burkinabé. L’objectif de Wécré : participer au développement du Burkina via le théâtre.
            Tous les étés ils organisent des camps chantiers avec des volontaires venus de France. Ils préparent alors des saynètes de théâtre forum puis partent les jouer dans les villages du Burkina. Ces création permettent de sensibiliser la population sur des problèmes très concrets : l’hygiène, les femmes battues, l’excision, le paludisme, etc… C’est à l’occasion de ces camps chantier que Marie à fait leur connaissance.
            Cette joyeuse équipe développe des projets toute l’année. Ainsi Faux Roger (il y à deux Roger un faux et un vrai) anime toute l’année deux fois par semaine un soutient scolaire destiné aux enfants du quartier.
            C’est donc avec ces gens au grand cœur que je partage mon quotidien.

Le Festival Rendez vous chez nous

            Le jour de mon arrivée, à peine mon sac posé nous nous sommes rendu à la parade d’un festival au quel la bande de Wécré prêtait main forte. Le festival « rendez-vous chez nous » est un festival des arts de rue qui se déroule tous les ans à Ouaga. Il fait venir des artistes de nombreux pays africains et même plusieurs européens.
            La parade était pour le moins haute en couleurs ! Une ambiance vraiment géniale, les passants étaient tous surpris de voir ce convoi où se succéder des marionnettes géantes, des danseurs sur échasses, des cavaliers, des danseurs traditionnels, des jongleurs, des acrobates… Il faut dire que l’événement à fait venir un grand nombre de Nassara (blancs en moré). C’était la première fois depuis que j’avais posé le pied à Tanger que je voyais autant de blancs !
            La parade a eut lieu le samedi, les spectacles débutaient le mercredi. J’ai donc eut la chance d’assister à de nombreux spectacles de grande qualité.



            Un matin nous avons été réquisitionnés pour accompagner les artistes dans des villages éloignés de Ouaga pour qu’ils y donnent leur spectacles. Un des but du festival est de décentralisé les spectacles pour qu’ils soient délivrés même dans des villages. Notre mission consisté à canaliser les spectateurs et être disponible pour les artistes. Ainsi avec Faux Roger nous accompagnions une troupe de comédiens nigériens dans un Lycée. Le spectacle était un conte théâtralisé. Le moment était vraiment génial. Malheureusement je n’ai pas pu assisté à l’ensemble du festival car je devais partir pour des fiançailles.






Le grand marché, Booba et Zanissa, la présentation des familles

            Au court de la première semaine je décidais de visiter la ville de Ouagadougou. Le local étant un peu éloigné du centre ville et ne disposant que de mes pieds pour me déplacer je devais me faire conduire en moto. Ma première visite de la ville s’est déroulée au marché central. En Afrique le marché est vraiment un des endroits les plus propices pour découvrir la façon de vivre des gens. Après moult déambulations et causeries avec un nombre incalculable de commerçant j’allais sortir du marché.

             Alors Booba un jeune vendeur a voulu encore tenter sa chance avec le client potentiel que j’étais. Comme toujours je préviens les commerçants que je veux bien voir leurs marchandises mais que je n’achèterais rien. Finalement je me suis installé dans le stand de Zalissa pour la famille de qui il travail. De fil en aiguilles je suis resté mangé avec eux, comme à Colibantan les vendeurs du marché partage leur repas en mangeant à la main dans un grand plat.
            Nous avons vraiment bien sympathisé du coup Booba m’invita chez lui pour l’après-midi, j’ai donc eut la chance de visiter un nouveau quartier de Ouaga. Il m’apprit qu’il comptait bientôt partir demander la main de son amoureuse à son père.

Le samedi soir suivant il me récupéra au festival « Rendez-vous chez nous », le dimanche matin nous partions en voiture vers Koupéla à 140 km à l’est de Ouaga. Là bas j’ai pu voir toute les étapes et les codes qui précèdent la demande en mariage dans une famille africaine.



            D’abord la demande ne se fait pas au père mais aux « oncles » (les membres de la famille hommes du coté paternel) de la fille. La femme est complètement absente de ces négociations, comme la mère, elles n’ont (officiellement) par leur mot à dire. Il en va de même pour le père à qui la décision n’appartient pas, il se pliera à la décision de ses frères et oncles. Qu’il veuille ou non que sa fille épouse l’homme il ne pourra dire son mot
            Le prétendant ne peut pas rendre seul visite aux oncles de la femme et demander sa main. Ainsi nous formions une délégation de six personnes : Booba, son oncle (personne indispensable dans  cette situation), et quatre amis. Nous les amis jouons le rôle de garant, nous engageons notre honneur en accompagnant Booba. Notre présence signifie que nous lui faisons confiance. Par chance un des amis était originaire de Koupéla, il connaissait donc la famille de la fille.
            Avant de faire la demande officiel il faut acheter des noix de cola (fruit au gout très mauvais mais indispensable marque de respect).



Le groupe du prétendant a un intermédiaire, le groupe des oncles a un intermédiaire. Chacun s’adresse à son intermédiaire qui s’adresse à l’autre intermédiaire qui transmet alors le message à son groupe. Cette scène étonnante se déroule alors que tout le monde est au même endroit. Ainsi tous entendent ce que chacun dit à son intermédiaire, mais il faut attendre ce jeu d’intermédiaire pour communiquer. De plus ce n’est pas le prétendant qui s’adresse à l’intermédiaire mais son oncle.





            Cette expérience a vraiment était extrêmement intéressante, une immersion dans les rites et traditions !

La vie au local de Wécré

            La troupe de Wécré a changé récemment de local. J’ai donc tout au long de mon séjour aménagé, rangé, trié dans ce local. Nous avons notamment organisé une grande journée de rangement. Nous avons notamment construit une étagère pour le rangement des nombreux ouvrages de la compagnie.
            Un autre grand chantier a été le déplacement d’un arbre, en effet il cachait la scène. Il fallu donc s’armer de courage mais aussi de pelles et de pioches pour déraciner l’animal !








            La vie au local est rythmé par les cours de soutient scolaire. Chaque Jeudi et Dimanche matin (les seuls jours où les écoliers n’ont pas école). Faux Roger accueil donc pendant deux heures les élèves du primaire pour réviser français et mathématiques. Dans une joyeuse ambiance nous jouons à la maitresse. Les enfants étant plus grands que ceux de ma case des tout petits le travail est grandement facilité.

            Dès que les enfants ont des temps libre ils viennent nous rendre visite. Une après-midi donc j’ai improvisé avec un trentaine d’enfant un atelier de théâtre qui nous a occupé toute l’après-midi. Un moment vraiment extraordinaire. Les jeux burkinabés venaient rencontrer les jeux français et les exercices de théâtre dans une folle ambiance, tant et si bien que le groupe grossissait au fur et à mesure. Même les mamans des enfants ont fini par venir assister à la séance. Trois heures qui sont passées sans qu’on le sente dans  la plus grande spontanéité.

            Ainsi va la vie au local de Wécré théâtre

Baark Koombissé et mon vélo

            Wécré théâtre travail en partenariat avec d’autre associations sur Ouaga. Baark Koombissé est très proche dans son travail de Wécré. Dans un autre quartier de la ville les membres de cette association ont crée un centre culturel visant à la fois à aider les artistes à travailler et se professionnaliser mais aussi à organiser des spectacles. Ce centre abrite aussi une bibliothèque de quartier et organise régulièrement des cours d’alphabétisation.

            Les membres de l’association cherchaient à former un dossier de subvention. Cela me donnait l’occasion de me rendre utile. J’ai donc pendant près d’une semaine formé un dossier de subvention pour le compte de Baark Koombissé.

            Zabda un des membres de cette association m’a prêté son ancien vélo. Enfin j’avais un moyen de locomotion qui me permettait de me désenclaver ! Avec cette indépendance acquise (non sans un bon séjour chez le mécano) j’ai pu multiplier les ballades à vélo dans Ouaga. C’est un peu chaud de pédaler sous le soleil d’Afrique mais vraiment chouette. Je pense même me rendre à Fada en vélo. En ce moment je freine encore avec mes chaussures mais j’ai bon espoir de changer mes freins !

« Le Boabab sâcré »

            Un projet anime tout spécialement Wécré en ce moment.  C’est un projet pour lequel je passe presque tout mon temps. Avec les membres de Wécré nous avons décidé de monter une pièce de théâtre. 9 comédiens et comédiennes, un metteur en scène, pas de texte, pas d’histoire, 10 jours (Début dimanche 19, spectacle jeudi 1er). Impossible me direz vous. FAUX ! Rien n’est impossible pour Wécré. Ainsi tous les soirs pendant une semaine nous avons fait des impros et toute la journée suivante nous essayons d’en faire sortir une histoire. L’histoire est arrêtée le lundi 27. Il reste deux répétitions avant la représentation.








            Une folle aventure théâtrale dans laquelle nous dénonçons le système de la France-afrique et la corruption. Autant dire que ce projet nous prend beaucoup de temps ! C’est une pièce que nous jouons à la fois en français et en moré. L’histoire se déroule dans un petit village où un entrepreneur veut bâtir un hôtel, progressivement le projet qui semblait être une aubaine pour le village devient une vraie plaie. Le chef du village, corrompu, laisse faire.

            Tout les soirs les répétitions commencent vers 19h 20h et se terminent vers 23h par un bon repas. L’ambiance est extraordinaire, une vraie vie de troupe en concentré !

La vie à Ouaga

            Mon étape dans la capitale du Burkina Faso était surtout motivée par l’envie de découvrir le mode de vie des habitants des villes africaines. En effet il y à presque autant de différence entre l’Europe et l’Afrique et un village africain et une ville africaine. La ville africaine est vraiment « les fesses entre deux chaises » (des enfants lisent ce blog). Tiraillée entre la tradition, l’héritage coutumier et le mode de vie occidental. Ainsi les villes africaines ont explosées ces trente dernières années au gré de l’exode rural.

            Si dans les villages il est presque impossible de mourir de faim, à moins qu’une famine touche l’ensemble des habitants, en ville le problème se pose. En effet « on est plus riche avec 500F par jour dans un village qu’avec 2000F en ville » me dit Faux Roger. Dans les villages une fois les récoltes passées la nourriture est stockée dans le grenier, on aura à manger. En ville chaque jour il faut se payer à manger, et il faut chercher l’argent permettant de payer ces repas. Le salariat est vraiment un phénomène marginal. La plus part des habitants des villes vivent au jour le jour de petits boulots ou commerces.
            Souvent les habitants des villes ont quitté leur famille restée au village et sont donc plus ou moins seul. Ainsi tous les hommes célibataires doivent payer pour chacun de leur repas (cela revient à moins cher que d’acheter les ingrédients et de préparer).

            En ville si la majorité des gens vivent comme je viens de le décrire, c’est aussi le lieu de vie des plus riches. En effet la ville avec ses services attirent ceux qui ont de gros moyens. Ce qui est étonnant c’est qu’il n’y a pas de distinction dans l’espace. Il n’y a pas de quartier riches et de quartier pauvres. On peut trouver n’importe où dans la ville de belles villas mitoyennes avec de petits gourbis en terres et en taules.
            Un autre aspect incontournable de la ville est sa vie nocturne. Ainsi quel que soit le jour de la semaine les « maquis » (bars dancing) voient leurs pistes de danse enflammées aux quatre coins de la ville. En trois semaines j’ai eut la chance d’en visiter quelque uns. Les garçons et les filles sont alors sur leur 41, ces endroits sont des temples de la drague !


            Cette expérience de la ville africaine est vraiment très riche, le Burkina Faso un pays très accueillant. Jeudi soir a lieu notre représentation, ensuite je ne vais trop tarder avant de partir vers Fada N’gourma pour y retrouver Téophane. Mais ceci sera l’objet de la suite de l’aventure !!

lundi 6 février 2012

Bobo-Diolasso, on y boit du dolo!

Arrivé à Bobo j’ai été reçu par Abass le neveu d’Amy Watt que j’avais rencontré dans le car m’amenant vers le Burkina. A peine mon sac posé, Abass m’a conduit au cabaret. Le cabaret c’est un peu comme un bar, sauf que dans ce lieu on ne sert que du Dolo, la bière de mil. Abass était pour le moins un grand amateur de bière de Mil! Le dolo ne ressemble pas vraiment à la bière que nous buvons en France. Le dolo tient une place très importante dans bon nombre d’ethnies africaines tout spécialement chez les animistes, ceux qui croient aux divinités des éléments. L’ensemble des africains étaient animistes avant qu’une partie d’entre eux soient convertis à l’Islam puis au Christianisme. On retrouve ainsi un brassage entre animisme et monothéisme.

    Dès le lendemain matin, à la tombée du lit Abass m’a entrainé dans une tournée des cabarets de bobo. A 300 FCFA le litre (0,46€), cette boisson est très bon marché et les tournées s’enchainent. Autant vous dire qu’après avoir passé près de trois mois sans boire d’alcool, je ne suivais pas vraiment le rythme…  Dans ces cabarets les discussions vont bon train, et la musique est toujours présente. J’ai découvert là bas une nouvelle facette de la vie africaine. Une expérience vraiment sympathique.
    Entre chaque cabaret Abass me faisait découvrir sa ville. Nous l’avons ainsi parcouru dans tout les sens et j’ai pu ainsi faire le tour des endroits incontournables de la ville.
    En quatre jours à Bobo j’avais fréquenté presque la totalité des cabarets de la ville et vidé une quantité impressionnante de calebasses. Bien que l’expérience fut agréable elle aurait pu facilement me lassé si je n’avais pas du avancé mon départ vers Ouaga. En effet je voulais vraiment tenté le voyage en train ce qui m’a forcé à quitté Bobo vendredi soir.

    Le train devant partir à 15h00 le vendredi, est finalement arrivé vers 19h00 en gare. Le temps que les voyageurs en provenance d’Abidjan descendent et que nous nous installions le train a quitté la gare à 20h30. Dans les wagons une ambiance géniale régnait. Tous le monde s’interpelle, rigole, débat, rigole encore. Le train n’avance pas très très vite. J’ai passé une bonne partie du voyage la tête dehors pour apprécier la nuit burkinabaise dans la brousse. Le seul problème est que les sièges en plastiques ne sont absolument pas confortables et qu’il m’a été impossible de m’endormir. Du coup arrivé à Ouaga à 5h45 j’étais un peu fatigué… Le train venait de faire 300 km en 9h…

    Je vis à Ouaga dans les locaux de l’association Wécré théâtre, ceci sera l’objet du prochain numéro de cette aventure !

Des bécaux.

Ségou et ses couleurs

Après une semaine à Bamako des plus sympathique mon aventure devait se poursuivre dans la ville de Ségou à quelques 300 km au nord est de la capitale. Cette petite ville paisible s’étend le long du Niger. Là bas j’étais logé chez Julie, son mari Baba et leurs deux enfants Jean-Hamman et Ada. A la maison vivent aussi Michou, la nounou des enfants, Mandiou le gardien et Hassan la cuisinière.

Par hasard Julie changeait de maison durant la semaine où je me trouvais à Ségou. Du coup mon séjour a été entre autre rythmé par le déménagement!

Ségou est une ville très jolie et les ballades au bord du Niger on été très agréables. Pour ces sorties je me suis notamment mis à la moto et suis devenu un vrai  « bicker » !

Les nuits à Ségou dans les petits bars où des artistes font des concerts live ce sont révélées vraiment très chouettes. La nuit la plus mémorable reste celle qui a précédé mon départ. Julie et Baba étaient partis pour Bamako, nous sommes donc restés avec Mandiou et Michou seuls à la maison. Mandiou nous a alors amené dans un lieu qu’il avait l’habitude de fréquenter. Un bar qui ne proposait pas que des boissons, mais aussi un peu de chaleur humaine… J’ai donc passé une soirée un peu bizarre mais très rigolote. Tous les trois nous observions le balai des hommes en quête de compagnie !

 Le lendemain c’était on the road again. Un trajet en bus sortant un peu de l’ordinaire car je n’ai pas voyagé sur un siège mais sur un bidon ! Le bus était plein à craqué j’ai donc parcourru quelques 400 km assis sur un bidon dans l’allée du car. Un voyage haut en couleur où j’ai la rencontre d’Amy Watt femme d’un député Malien et assesseur à la cour d’assise de Bamako. Ne sachant pas où dormir à Bobo, Amy a appelé sa belle sœur me trouvant ainsi un foyer pour mon escale !

dimanche 22 janvier 2012

BAMAKOcote, le mali c'est le paradis!

Départ de Dakar en car
Samedi 14, après une nouvelle séquence crêperie chez mes hôtes dakarois nous nous sommes présentés à la station des bus pour le Mali au pied du stade Léopold Sédar Senghor. Départ prévu à 17h00, c’est à 20h30 que le bus a finalement démarré, direction l’est. Durant ce long trajet j’ai fait entre autre la connaissance d’Abdul Karim un chanteur sénégalo malien maniant avec aisance français et anglais. Une belle rencontre avec qui j’ai beaucoup discuté, il faut dire que nous avons eut le temps. En effet c’est à 2h30 le lundi que nous sommes arrivés à Bamako ! 30h00 de bus africain…

           







C’est donc un peu tard dans la nuit que je débarquais chez Barthélémy, Fatou et leur petit Yohann de 4 mois. Barthélémy est un ancien chef louveteau de Saint-Malo qui a passé son bac à l’Instit. Oui, le monde est petit. Il vit depuis deux ans à Bamako avec sa femme Fatou qui est sénégalaise. Dans leur maison située dans la zone industrielle de Bamako j’ai retrouvé un lit avec un matelas, une douche avec de l’eau chaude, des toilettes avec un trône, une chasse d’eau et même du papier toilette !!!!
Si j’ai trouvé mon trajet un peu long je ne suis pas à plaindre. Daba cousine de Fatou venu à Bamako pour être la nourrice de Yohann est partie en même temps que moi du Sénégal, elle m’a même aperçu sur la route. Son car à elle est tombé en panne elle est arrivée à 19h00 le lundi, soit près de 48h00 de trajet !


Lundi repos Mardi visite de Bamako et ambassade du Burkina Faso
Bamako est une ville vraiment géniale. D’ailleurs plus que dans une ville on se sent comme dans un grand village. La ville ne compte que deux grandes tours, tous les bâtiments sont à un ou deux étages. Les rues dont un grand nombre n’est pas goudronné sont larges et les arbres y sont nombreux. Si l’architecture de la ville est agréable l’accueil que réservent ses habitants est formidable. Les gens comme partout dans les villages d’Afrique vivent dans la rue, assis sur des chaises posées devant chez eux, saluant les passants.

Après une journée faite de grasse mat’ et de « larvage » devant canal + lundi, je me suis attaqué à Bamako mardi. Pour atteindre l’ambassade du Burkina Faso il me fallait traverser Bamako presque entièrement d’est en ouest. Une traversée d’une petite dizaine de kilomètre haute en couleurs, en odeurs et en sons ! Évidemment je me suis perdu plusieurs fois mais les habitants étaient toujours heureux de me guider. Le Bambara, la langue malienne est cousine du Mandingue parlé à Colibantan. Si il y a peu de ressemblances le vocabulaire pour ce situer est le même, coup de chance ! C’est donc en un peu moins de deux heures que j’atteignais l’ambassade au drapeau vert et rouge.















































Après avoir déboursé 72€ pour le visa à l’ambassade du pays des hommes intègres je rentrais en taxi juste à temps pour le repas. 

L’après-midi je retournais à l’ambassade pour récupérer mon passeport : un coup dans l’eau le service fermait 30 minutes avant mon arrivée. Au retour je voulu rentrer à pied mais c’était sans compter sur Ousmane. Ce dernier est étudiant en droit international nous avons longuement discuté sur la berge du Niger de Droit, de politique mais aussi de ses histoires de cœur…






Mercredi : Rando et pirogues sur le Niger
            En début de matinée je sautais dans un taxi, direction la route de la Guinée où se trouvent l’ambassade et mon passeport. Ce précieux documents récupéré je traversais le fleuve Niger et entreprenais une longue randonnée sur la rive sud qui fait face à la ville. 



Après moult pérégrination et en longeant le fleuve j’arrivais dans un cul de sac. Là se trouvaient trois jeunes maliens les pieds dans l’eau avec qui je discutais longuement. Près d’eux travaillait un homme sourd arrosant des planches de légumes. Fort de mon expérience dans le jardin de Kalipha je me propose de l’aider à arroser. Il s’avère que ce jardinier était aussi un piroguier et une fois notre séance « main verte » terminée nous embarquâmes dans la pirogue pour une croisière sur le Niger ! Un moment vraiment génial. Après quelques coups de pagaie nous accostons et mon pagayeur sourd m’explique avec des grands gestes que nous allons voir des crocodiles !!

















            Ensuite je repris ma route à pieds jusqu’au grand pont qui conduit à la maison. Sur le chemin j’ai vu de beaux paysages et fait des rencontres très sympathiques. La vue offerte sur Bamako depuis cette rive du Niger est vraiment exceptionnelle. Le soleil cognait moultement fort et je n’avais plus un sous pour m’acheter à boire, encore moins pour prendre un taxi. La fin du parcours a été un peu difficile. Heureusement Fatim une jeune étudiante m’a sauvé la mise en m’emmenant en scooter jusque devant chez Barthélémy et Fatou !



















Jeudi : Musée Nationale / Parc / Plage du Niger

Le matin ma sauveuse de la veille m’a accompagnée pour la journée. Le matin nous avons fait la visite du parc de Bamako ainsi que du musée nationale. Ce lieu est vraiment exceptionnel et très agréable. Le musée retrace l’histoire du Mali mais surtout instruit sur les différentes ethnies et leurs rites. Une grande collection de masques et de vêtements illustrent l’exposition.












L’après-midi nous nous sommes éloignés de la capitale pour se balader le long du fleuve Niger. Là encore les paysages étaient vraiment admirables.



Vendredi : Parc en famille
            Le 20 janvier au Mali, c’est la fête de l’armée, un jour férié. Nous en avons profités pour passer l’après-midi au parc en famille ! L’endroit vraiment hyper agréable est propice aux jeux de sociétés dans l’herbe ou à une petite sieste à l’ombre des grands arbres.

Samedi : Escalade du point G avec Fatim et Saturday night fever.
            Bamako est une ville vallée, bordée de collines. La colline la plus connue de laquelle la vue sur la capitale est la plus impressionnante est la colline du point G. Avec Fatim nous avons crapahuté sur les flancs de la colline pour atteindre le point G. Une fois arrivé au sommet nous avons eut la mauvaise surprise de ne rien voire… En effet la ville de Bamako très polluée est, vue d’en haut, enfouie dans une épaisse brume.

            Le soir venu nous avons laissé Yohann à sa nounou. Nous avions rendez-vous avec d’autres expatriés dans un restaurant éthiopien. Après un repas aussi bon que sympa nous sommes partis à l’Apaloosa. Ce bar est un incontournable de Bamako. Ambiance country avec des cornes de buffles aux murs et des serveurs déguisés en cow-boy. Vous le croirez ou non mais dans ce bar country en plein cœur de la capitale malienne était fièrement accroché un « Gwen adu » ! Dans ce bar aux enceintes saturées de musique « dancefloor » où les filles en mini-jupe côtoient les mecs branchés nous avons passé un moment funky !







Gros bécaux à tous!